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1904-1905 : Au musée du Louvre, découvre la sculpture ibérique issue des fouilles d’Osuna, Andalousie.
1906 : Séjour à Gósol, village de Haute Catalogne. Rétrospective Gauguin au Salon d’Automne. S’intéresse à la statuaire africaine
Novembre 1906- été 1907 : Picasso travaille sur la réalisation des Demoiselles d’Avignon.
Mars 1907 : Achève en mars la première version « ibérique » des Demoiselles d’Avignon (Museum of Modern Art, New York). Fait la connaissance de Georges Braque lors du Salon des Indépendants. Rencontre le jeune marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler.
Juillet 1907 : Visite les collections d’art africain et océanien au musée d’ethnographie du Trocadéro.
« Mais tous les fétiches, ils servaient à la même chose. Ils étaient des armes pour aider les gens à ne plus obéir aux esprits, à devenir indépendants. Des outils. Si nous donnons une forme aux esprits, nous devenons indépendants. Les esprits, l’inconscient (on n’en parlait pas encore beaucoup), l’émotion, c’est la même chose. J’ai compris pourquoi j’étais peintre. »
Propos de Picasso, cité par André Malraux, La Tête d’obsidienne, Paris, Gallimard,1974, p.18. |
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Le Nu aux jambes croisées (1905) est issu de l’univers des saltimbanques dominé par la poétique de l’artiste marginal. Croisant l’art de Lautrec ou Degas à la stylistique du Greco, le caractère hiératique de ces oeuvres à la monochromie gris/rose est typique de l’atonalité de la fin de la période bleue. |
À partir du printemps 1906, Picasso va emprunter à Gauguin (dont il revoit alors l’œuvre chez le collectionneur Gustave Fayet) ses raccourcis et son expressivité primitiviste. Lors du voyage à Gósol à l’été, l’apport de Gauguin comme les références à l’art ibérique, la sculpture romane catalane, le conduisent à de rudes simplifications de la forme et de l’espace qui préfigurent la révolution du proto-cubisme incarnée par les Demoiselles d’Avignon.
En ce début de siècle, on trouve alors à Paris, grande capitale coloniale, de nombreux objets « d’art nègre », terme désignant aussi bien l’art africain qu’océanien. Dès 1906-1907, comme André Derain, Maurice Vlaminck ou Henri Matisse, Picasso collectionne de nombreux spécimens « d’art nègre » dont certains prennent place dans son atelier du Bateau-Lavoir, comme les Sculptures féminine et masculine de Poteau de faîtage de Nouvelle Calédonie entrés dans la collection du musée par donation des héritiers de l’artiste. Pour Picasso, ces œuvres ne sont pas de simples objets de curiosité exotique ou de délectation esthétique, elles constituent des propositions plastiques d’une nature inédite qui vont nourrir et inspirer ses propres recherches formelles comme en témoignent les bois sculptés (Tête, 1907, voir aussi Salle 5, grande vitrine).
Buste de marin (1907), Nu de face (1906 -1907), Femme nue de trois quarts dos (1907), œuvres préparatoires au « grand tableau » des Demoiselles d’Avignon, témoignent du travail de déconstruction de la forme engagé par Picasso dès l’hiver 1906. |