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Salle 5 - Cubisme et Papiers collés


 



 

1909 -1910 : Picasso quitte le Bateau-Lavoir et s’installe boulevard de Clichy dans un grand atelier jouxtant son appartement.
1911 - 1914 : Il passe les étés à Céret, Sorgues et Avignon où il retrouve notamment Braque, Manolo, Max Jacob, Frank Burty-Haviland.
1911-1912 : Rupture avec Fernande Olivier et liaison avec Eva (Marcelle Humbert). Sous la dédicace « Ma Jolie » qui emprunte son titre à un morceau de musique populaire, ses œuvres mentionnent sa nouvelle compagne.
1914 : Déclaration de guerre le 2 août. Picasso est à Avignon avec Eva.

 

« Mes sculptures sont des métaphores plastiques ; c’est le même principe qui vaut pour mes peintures. Je vous ai dit qu’un tableau ne devrait pas être un trompe-l’œil, mais un trompe-l’esprit. Il en est de même pour la sculpture. »

« Le papier collé fut vraiment au centre de la découverte, même si, esthétiquement, on peut préférer les toiles cubistes. Un des points fondamentaux du cubisme visait à déplacer la réalité ; la réalité n’était plus dans l’objet, elle était dans la peinture. »

Propos de Picasso cités par Françoise Gilot et Carlton Lake, Vivre avec Picasso, Paris, Calmann-Lévy, 1965, p. 293 et p. 69 

 

Le bois gravé Tête de Femme (1906) dont il tire une épreuve sur papier d’emballage, le bronze Femme se coiffant (1906) et les petites gravures sur bois Homme debout ou Tête de femme (1906) permettent de mesurer l’importance de la source primitiviste à cette étape de son œuvre. La relation expérimentale qui s’établit entre peinture et sculpture dès ce moment jouera un rôle déterminant dans le « laboratoire » de l’œuvre picassien : « La sculpture est le meilleur commentaire qu’un peintre puisse adresser à la peinture. »

Propos de Picasso cité par Renato Guttuso, « Journal inédit », De Micheli, Scritti di Picasso, Milan, Feltrinelli Editore, 1973 p. 112.

À partir de 1909 – 1910, Picasso s’attache à restituer la complexité du réel sur le plan de la toile. Il présente une figure, un objet comme un montage de perceptions spécifiques : volumes simplifiés, découpages de la surface par plans successifs, ouvertures des volumes sur leurs arêtes, transparence des plans, mise en évidence et schématisation des structures internes, décomposition des volumes en facettes.

Avec la Nature morte à la chaise cannée (1912), objet composite combinant toile imprimée en trompe l’œil, peinture et cordage, Picasso crée le premier collage de l’art moderne. Papiers peints, tissus, lettrages typographiques, objets hétéroclites sont introduits dans les compositions telles Tête d’Arlequin (1913) et Homme à la pipe (1914). La Guitare : Statue d’épouvante (1913) de Georges Braque témoigne de l’aventure des « papiers collés » menée conjointement par Braque et Picasso à partir de l’automne 1912. Les sculptures de carton Guitares (1912), les tableaux-reliefs Guitare (1912) et Violon (1913), les constructions Mandoline et clarinette (1913), constituent autant d’expérimentations où l’introduction de la troisième dimension vient perturber la perception du réel. Il ne s’agit plus désormais dans l’œuvre de « représentation » mais de « présentation ».


©  Musée national Picasso Paris - RMN

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