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Salle 9 : Période surréaliste


 

 

1925 : Picasso peint La Danse (Londres, The Tate Gallery).
Mort d’Erik Satie.
La Révolution surréaliste n°4 publie un article d’André Breton « Le Surréalisme et la Peinture », où Breton reconnaît à Picasso « une responsabilité immense » dans l’invention du Surréalisme : « Il tenait à une défaillance de volonté de cet homme que la partie qui nous occupe fût tout au moins remise, sinon perdue. »


1926 : Picasso exécute la série des grandes et petites Guitares, assemblages de toiles, cordes, papiers collés, papiers peints, clous et pitons, comme autant de variations surréalistes sur un principe de construction cubiste.
Octobre : Voyage à Barcelone.
1928 : Le thème du Minotaure apparaît pour la première fois dans le grand collage du Minotaure (Paris, Musée national d'art moderne). Picasso modèle les Métamorphoses I et II qui constituent sans doute la première maquette pour le monument à Apollinaire (vitrine, salle 10).

 

« Moi, je vise toujours à la ressemblance… Un peintre doit observer la nature, mais jamais la confondre avec la peinture. Elle n’est traduisible en peinture que par des signes. Mais on n’invente pas un signe. Il faut fortement viser à la ressemblance pour aboutir au signe. Pour moi la surréalité n’est autre chose, et n’a jamais été autre chose, que cette profonde ressemblance au-delà des formes et des couleurs sous lesquelles les choses se présentent. »

Propos de Picasso cité par Brassaï, Conversations avec Picasso, Paris, Gallimard, 1964, p.198.



     

Le ballet Mercure en 1924 ouvre la période surréaliste de Picasso. Ses grandes natures mortes telle Mandoline sur une table (1924) où la grille cubiste se plie à la nouvelle règle curvilinéaire, imposent dans son œuvre une dynamique torse, typique de la mutation stylistique qui s’accomplit dès lors.
Picasso réalise entre 1927 et 1928 un important ensemble de dessins (carnet présenté en vitrine) et de maquettes en fil de fer soudé pour son projet de Monument à Apollinaire.

La grande maquette présentée ici fut réalisée pour l’étude de la sculpture érigée dans le jardin de l’Hôtel Salé en 1985. Elle constitue un agrandissement de la maquette originale de Figure (1928) conservée au musée national Picasso et déposée au Musée national d’art moderne (Centre Georges Pompidou).

« C’est à Cannes, pendant l’été 1927, que Picasso a dessiné des sculptures différentes de toutes celles qu’il avait déjà réalisées. […] Il se rendait compte que si le dessin exprimait sa première idée d’une sculpture, il n’était pas moins une image trompeuse et éloignée de la vertu propre du monument. Le premier aspect de celui-ci, il devrait le chercher ensuite dans des constructions en fil de fer, sortes de squelettes, qu’il habillerait de métal par la suite. […] Dans les premiers dessins Picasso creuse son monument sur un fond. Mais ces profondeurs sur fond se transforment bientôt en perforations pénétrées par l’espace. Picasso qui a toujours eu le sentiment le plus aigu de l’architecture n’était pas sans connaître que la vérité essentielle d’un monument c’est sa masse dressée dans l’espace. Seulement, au lieu d’opposer cette masse à l’espace, comme une Pyramide, il a préféré avec juste raison appuyer son monument sur l’espace et en même temps le faire pénétrer par cet espace même. En sorte que, au lieu d’entrer en antagonisme avec l’espace, le monument puisse vivre en lui. »

Christian Zervos, « Projets de Picasso pour un monument », Cahiers d’art, n°VIII-IX, 1929, p.342.


©  Musée national Picasso Paris - RMN

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